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Publié par Lolie

      Allaiter en toute tranquillité

Vous souhaitez allaiter votre enfant, mais vous vous posez de nombreuses questions. Est-ce réellement bénéfique pour le bébé ? Comment éviter l’apparition de crevasses et autres petits soucis ? Quelles sont les étapes du sevrage ? 

Devez-vous allaiter ?

L’Organisation Mondiale de la santé recommande l’allaitement exclusif au sein de bébé durant les six premiers mois de la vie. Pas facile pour une jeune maman aujourd’hui ! Comment prendre le temps d’allaiter ? Quels sont les freins ? Aurez-vous assez de lait ? A lire pour prendre la décision qui vous convient !

 Quelle est la place actuelle de l'allaitement maternel ?

Aujourd'hui, la majorité des bébés sont nourris au biberon. Certaines femmes trouvent plus pratique cette méthode. D'autres n'ont tout simplement pas envie d'allaiter. Pourtant, l'allaitement fait un timide retour depuis quelques années.

La place actuelle de l'allaitement maternel

Aujourd’hui, l'allaitement maternel en Europe, constitue une sorte d'exploit si l'on se réfère aux conditions d'environnement habituelles, socio-économiques et familiales en particulier. Pendant des siècles, l'allaitement maternel a été le seul moyen de nourrir les enfants même si parfois des mères ont choisi d'engager les services d'une nourrice. Soudainement, en l'espace d'une génération, on est passé du sein au biberon et depuis un demi-siècle, la fréquence et la durée de l'allaitement maternel ont diminué rapidement. Les raisons en sont multiples. La sécurité croissante donnée par les laits modernes, la propagande commerciale sur les laits industriels, l'apparente facilité offerte par ces produits, le malheureux terme de "maternisé" donné un temps par la loi aux laits infantiles, la notion mal comprise de libération de la femme comptent parmi les causes les plus importantes. On doit ajouter à cela une certaine méconnaissance des problèmes de l'allaitement de la part des médecins par carence d'enseignement dans les facultés.

Retour en force de l'allaitement

Depuis quelques années, on assiste à un retour en force de l'allaitement maternel aux Etats-Unis et dans les pays nordiques, dont le mouvement se fait sentir en France. En 1992, la moyenne pour 80 % des naissances était de 45,2 % d’allaitement à la sortie de maternité. C’est dans l’Ouest de l'hexagone qu’on retrouve les chiffres les plus bas, contre 60 % à Paris. 30 % des jeunes mères continuent d'allaiter après 1 mois et seules 5 à 10 % persistent après 2 mois. En Norvège ou en Suède, 98 % des mères allaitent à la sortie de maternité.

 

Manque de conseils et d'encouragements

La majorité des jeunes mères désirent allaiter mais certaines résistances sont difficiles à vaincre et les échecs sont très fréquents. L'ignorance de beaucoup de jeunes femmes est flagrante. Le manque de conseils et d'encouragements pendant la grossesse est habituel. De plus, dans la plupart des maternités, force est de constater un manque d'enthousiasme patent de la part du personnel de santé. Sous le prétexte mal compris qu'il ne faut pas obtenir de force le consentement de la mère, on omet de la renseigner et de parler ouvertement avec elle. Il est vrai, pour leur décharge, que lorsque les sages-femmes et les auxiliaires en trop petit nombre sont débordées, l'allaitement artificiel s'adapte mieux à la routine de la biberonnerie que l'enseignement de l'allaitement au sein, qui exige patience et disponibilité.

Trop d'anxiété ?

L’insuccès de l'allaitement au sein est surtout dû au manque de conviction, à l'anxiété et aux nombreuses occupations des femmes modernes, toutes choses qui interfèrent avec l'élément psycho-somatique de l'évacuation et du réflexe d'éjection du lait. On aboutit alors au cercle vicieux d'une montée insuffisante de lait, d'un nourrisson furieux qui a faim et d'une mère traumatisée et angoissée qui n'a pas assez de lait. On peut regretter que la trop courte durée du repos post-natal, l'absence de crèches et de pièces de repos sur les lieux du travail, la mauvaise reconnaissance sociale soient d'importants freins au développement de l'allaitement maternel en France. Une préparation éducative bien conduite dès l'école (cours de sciences naturelles, d'éducation sexuelle, etc.), une prise en charge pendant la grossesse (cours psychoprophylactique...), la présence d'une équipe médicale et para-médicale motivée dans les maternités pourraient éviter bien des échecs.

Aux Etats-Unis, s'est créée en 1956 la Leche League dont les animatrices bénévoles font la promotion de l'allaitement maternel. Cette Ligue de l'Allaitement maternel qui se compose de nos jours de 18 000 monitrices réparties dans 4 000 groupes et 45 pays est représentée en France où existe également une autre association plus récente dont le but est d’aider les jeunes mères désirant allaiter : Solidarilait.

Prenez le temps d'allaiter !

Paré de nombreux bénéfices santé pour la mère et l'enfant, l'allaitement a le vent en poupe chez les jeunes mamans. Mais il semble aujourd'hui difficile de mettre en pratique cette méthode naturelle. Reprise du travail, rythme de vie… Pas de panique, avec quelques conseils, donnez le sein ne sera plus un casse-tête !

Vous aimeriez allaiter votre enfant, mais les obstacles vous semblent insurmontables ? Pas de panique, suivez nos conseils et laissez bébé téter en toute tranquillité

Faites des réserves !

Allaitement bébé

Vous n'êtes pas toujours disponible pour allaiter ? Il existe des solutions.

  • Des biberons de lait maternel : Vous pouvez utiliser un tire-lait pour préparer un biberon à partir de votre lait maternel. Qu'ils soient électriques ou mécaniques, vous les louez en pharmacie, et ils sont remboursés par la sécurité sociale ! A noter : vous pouvez également vous masser pour extraire le lait, mais cela demande un certain doigté.
  • Prévoir à l'avance : Attention, le lait maternel ne se conserve que très peu de temps (24 h maxi) en haut du réfrigérateur. Vous pouvez théoriquement le congeler, mais cela demande quelques précautions. Pour décongeler : pas de micro-ondes, pour ne pas détruire les anticorps. Passez-le sous un robinet d'eau chaude.
  • Un biberon d'appoint au cas où :  A partir de 4 à 6 semaines d'allaitement exclusif, vous pouvez éventuellement prévoir un biberon d'appoint si vous ne pouvez être toujours disponible.

Vous n'avez pas le temps

Vous adorez vous occuper de bébé. Mais vous avez aussi un peu de travail à faire à la maison, vous ne tenez pas en place, etc. Alors pas question de vous infliger une contrainte supplémentaire… N'oubliez pas que l'allaitement vous évite le temps de préparation et de réchauffage du biberon. Sans parler du temps perdu lorsque vous êtes dehors avec bébé, et qu'il faut chercher de quoi préparer le repas de bébé (ou tout emporter toujours avec vous…).

Vous reprenez le travail

Vos 10 semaines de congé depuis la naissance touchent à sa fin, et vous ne savez pas comment vous aller réussir à continuer d'allaiter. Premier point, vous pouvez préparer les biberons (cf. conseils précédents). Ensuite, n'oubliez pas que vous bénéficiez d'une réduction d'une heure par jour de travail si vous allaitez. C'est valable jusqu'à la première année de bébé.

Vous pouvez également négocier avec votre employeur un aménagement de votre emploi du temps. Proposez une reprise du travail progressive, qui vous permettra d'espacer les tétés petit à petit. N'oubliez pas que les tétés du matin et du soir sont les plus importantes. Ce sont celles qu'il faut essayer de préserver lorsque vous reprenez le travail. Et n'oubliez pas au boulot, limitez votre consommation de café, et bien sûr pas d'alcool et de tabac.

En suivant ces conseils, vous devriez pouvoir allaiter de manière exclusive au moins pendant les six premiers mois (quatre mois révolus au minimum selon les spécialistes). De quoi protéger bébé contre les infections, les allergies le diabète et même l'obésité !

Les inconvénients de l'allaitement

Certes, l'allaitement est plus contraignant que le biberon. Disponibilité, fuites. Quelles sont les inconvénients surmontables et les véritables raisons de ne pas allaiter ?

Les inconvénients de l'allaitementCertains inconvénients peuvent gêner certaines mères. C'est par exemple la nécessité d'être toujours disponible pour son bébé bien qu'il ne soit nullement impossible de remplacer de temps en temps une tétée par un biberon pour convenance personnelle, passée la période des premières semaines où l'allaitement se met en place. C'est également l'existence de "fuites" disgracieuses marquant les chemisiers d'une auréole humide mais contre lesquelles il existe des parades simples (coupelles et protections en coton).

Allaiter abîme les seins ?

Le problème esthétique est souvent posé. Or, ce n'est pas l'allaitement qui abîme les seins, ce sont les variations brusques de leur volume avec tension exagérée qui sont à l'origine des vergetures et des lésions du tissu cellulaire sous-cutané qui laisseront des cicatrices indélébiles. Il faut donc éviter au cours de la grossesse une prise de poids trop importante et porter un bon soutien-gorge. La prévention de l'engorgement pendant la lactation et un sevrage en douceur évitent les déformations inesthétiques de la poitrine des femmes.

Un problème lié à la sexualité ?

Derrière la réticence ou le refus d'allaiter transparaissent souvent des raisons profondes, inavouées par les mères et rarement évoquées par les médecins. Beaucoup concernent la sexualité. Le sein, organe à la fois érotique et maternel tient une place importante dans l'esprit des femmes. Certaines d'entre elles croient à tort que l'allaitement gêne ou empêche la reprise des relations sexuelles. D'ailleurs, l'allaitement lui-même peut provoquer une sensation érotique qui peut combler certaines femmes et peut en troubler d'autres au point de les faire cesser d'allaiter.

De rares contre-indications

Les contre-indications sont très rares. La plupart des maladies épisodiques (rhume, grippe, angine...) sont compatibles avec la poursuite de l'allaitement sous réserve d'une abstention thérapeutique ou d'une prescription médicamenteuse adaptée.

Par contre, l'intolérance au lactose, la galactosémie congénitale, certaines affections graves (sida, tuberculose, psychoses, tares viscérales importantes...) sont des contre-indications

Avez-vous assez de lait ?

L'insuffisance de sécrétion lactée peut avoir différentes causes. Souvent, une mise au sein tardive est responsable. Le point sur ce problème et les moyens de le résoudre.

Avez-vous assez de lait ?Les seuls critères permettant d'affirmer l'insuffisance de sécrétion lactée se révèlent être la courbe de poids et le nombre de couches mouillées par jour. En effet, certains bébés semblent se contenter de la sous-alimentation et ne présentent aucun trouble ni du sommeil ni du transit intestinal. D'autres, par contre, suffisamment nourris, hurlent avec énergie après la tétée et réclament du "rab"...! L'insuffisance de sécrétion lactée connaît des causes multiples dont les plus importantes sont la mise au sein tardive, l'évacuation incomplète des seins, les soucis et la fatigue de la mère souvent déprimée, des facteurs génétiques etc.

Des remèdes miracles...

On trouve dans l'histoire de l'humanité toute une série de pratiques étant supposées augmenter la lactation. Les infusions de plantes diverses, les invocations à sainte-Agathe, le port de bijoux d'agate, la bière de nourrice ont eu chacun leurs heures de gloire. En réalité, comme toujours, le bon sens indique la marche à suivre.

Allaitement mixte

Si le bébé continue à perdre du poids après le 5ème jour de vie, ou s'il ne grossit pas, le pédiatre va l'examiner pour rechercher une infection (urinaire, pulmonaire etc.) ou des troubles digestifs (diarrhée, vomissements...). Si l'examen clinique et les examens complémentaires sont normaux, l'insuffisance de sécrétion lactée est possible. Dans certains cas, le pédiatre peut décider d'un allaitement mixte. Cette décision médicale doit être prise avec prudence car le biberon de complément a de nombreux inconvénients :

  • Il augmente le risque d'allergie aux protéines de lait de vache.
  • Il augmente le risque de diarrhée.
  • Il augmente le risque de confusion sein-tétine.
  • Il perturbe le démarrage de l'allaitement.
  • Il augmente le risque d'engorgement.
  • Il diminue la confiance de la mère en sa capacité à allaiter.
  • Il diminue la durée de l'allaitement.

Le principe du biberon de complément est de donner à chaque repas un biberon de lait de vache après la tétée au sein. Il est primordial que le sein soit totalement vidé du lait restant par expression manuelle ou tire-lait. Cette notion trop souvent oubliée est essentielle. En effet, lorsqu'elle utilise des biberons de complément, la mère risque de ne pas vider complètement ses seins et la sécrétion de lait va encore diminuer. La méthode qui consiste à alterner selon les heures allaitement au sein et allaitement au biberon est anti-physiologique si le désir de la mère est de relancer sa sécrétion lactée. En effet, le meilleur moyen d'avoir du lait est de mettre l'enfant au sein très souvent. Certains médicaments sont parfois utilisés pour stimuler la lactation : Galactogil, vitamine E (Ephynal), Primpéran...

Prévoir le retour à la maison

Le retour à domicile lors de la sortie de maternité est une source d'angoisse, d'inquiétude et de fatigue (dépression du post-partum ou "baby blues") et il est fréquent que la montée de lait se ralentisse à cette occasion. La mère, prévenue de cette possibilité, a tout intérêt à se faire aider pour les tâches ménagères par son mari, un parent ou une aide-familiale. Des boissons abondantes, le repos et la succion des deux mamelons à chaque tétée sont les moyens si

Comment réussir un allaitement mixte ?

Mettre en place un allaitement au sein et au biberon, quelle que soit la raison pour laquelle vous le souhaitez, est tout à fait possible. Il faut cependant respecter quelques règles pour que cela se passe au mieux pour vous et votre enfant.

Allaitement mixte : pas trop tôt !

Première question de nombreuses mamans : peut-on faire un allaitement mixte tout de suite ? "C'est mieux d'attendre 3 semaines ou 1 mois après le début de l'allaitement pour mettre en place un allaitement mixte, conseille Véronique Darmangeat. L'idée, c'est de faire un allaitement exclusif dès le départ pour bien installer la lactation", ajoute-t-elle. Après le premier mois, le volume de lait est en général assez stable. La période idéale pour passer à un allaitement mixte ? 5 mois, selon notre spécialiste. "Plus la lactation est installée, mieux cela fonctionne", explique-t-elle. La consultante en lactation nuance cependant : "Certaines mamans mettent en place cet allaitement mixte à 10 jours et cela se passe très bien". Chaque cas est donc unique ! Pour vous guider, retenez deux notions importantes : vous pouvez passer à un allaitement mixte si votre lactation est bien installée et si votre bébé a une bonne succion. "S'il ne tète pas bien, il va avoir du mal à passer du sein au biberon et vice-versa", indique Véronique Darmangeat.

Allaitement mixte : guide pratique

Allaitement mixte

"Commencez par un premier biberon de lait en poudre par 24h", conseille la spécialiste. Faut-il privilégier le remplacement d'une tétéeen particulier ? "Cela n'a aucune importance, indique-t-elle. Sauf si la maman a l'impression d'avoir beaucoup de lait le matin, dans ce cas remplacer cette tétée risque d'être inconfortable pour elle". Et d'ajouter : "Avant de passer à un deuxième biberon, il faut attendre que la lactation se soit adaptée et qu'il n'y ait pas d'engorgement". Il faut compter en général entre 2 et 4 jours. Procédez de la même façon pour passer à 3 ou 4 biberons. Dans l'idéal, vous conserverez 3 à 4 tétées par 24 h pour que la lactation perdure. "Jusqu'à 3 mois, c'est même mieux de garder plus de tétées", précise la conseillère. Le risque si vous en faites moins ? Que la production de lait soit inférieure à ce que vous souhaitez.mples les plus efficaces pour relancer la lactation.

Là-encore, chaque situation est cependant particulière. Chez certaines mères qui ne font plus que deux tétées, la lactation s'arrête, chez d'autres cela n'empêche pas la poursuite de l'allaitement. Pour les mamans qui reprennent le travail, Véronique Darmangeat conseille une tétée le matin, une quand vous récupérez votre enfant et une troisième au coucher. Autre astuce pour réussir votre allaitement mixte : ne mettez pas les biberons à la suite au début mais alternez sein et biberon pour éviter les risques d'engorgement. Ensuite, vous pourrez faire comme vous le souhaitez.

Vous pouvez tout à fait réussir à mettre en place cet allaitement toute seule, en particulier si vous avez déjà allaité et connaissez bien votre lactation. Etre accompagnée peut cependant être plus sûr quand on débute.

Les vertus de l’allaitement

Il n’y a pas photo, l’allaitement est l’alimentation idéale du jeune bébé et du nourrisson ! Même les fabricants de lait premier âge le disent sur l’emballage ! Mais quelles sont les vertus réelles de ce geste maternel ? Donner le sein permet-il de lutter contre certaines maladies de l’enfant, telles que les allergies ou l’obésité ? Allaiter peut-il aussi être bénéfique pour la maman ? Revue de détails…

Le lait maternel : une composition idéale !

 Le meilleur lait pour le petit homme est le lait de sa mère ! Cette certitude connaît depuis quelques années un regain d'actualité. Quelles sont les raisons de cette supériorité du lait maternel ?

 Le lait maternel est très différent du lait de vache. Il est exactement adapté aux besoins de bébé.

 La ration est équilibrée

Le lait maternel : une composition idéale !Le lait de chaque espèce est adapté à la croissance du petit de cette espèce de telle sorte qu'il n'y ait pas de déchets métaboliques. Quelques exemples éclairent ce concept. Le rat et le lapin doublent leur poids de naissance en six jours. Le petit veau le double en deux mois alors qu'il en faut six au petit homme. On peut en conclure que le rat, le lapin et le veau ont des besoins de croissance beaucoup plus importants que le petit homme, essentiellement en protéines et en sels minéraux.

Par contre, le cerveau du petit veau croît deux fois moins vite que le cerveau du petit homme. Le veau a donc des besoins moins importants en nutriments nécessaires au développement du système nerveux: galactose, lactose et acides gras insaturés indispensables à la synthèse de la myéline, constituant essentiel des cellules nerveuses.

L'analyse chimique des laits confirme cette hypothèse. Lorsqu'on observe les différents animaux, on se rend compte que la teneur des laits en protéines et sels minéraux est proportionnelle à la vitesse de doublement du poids de naissance. Chez la vache (dont les veaux doublent leur poids trois fois plus vite que les petits humains) la teneur en protéines et sels minéraux du lait est trois fois plus élevée que celle du lait de femme. Inversement, le lait de femme, riche en lactose et acides gras insaturés, convient au développement cérébral du petit homme.

Quelles différences entre le lait de vache et le lait maternel ?

  • Apport énergétique :  n'y a pas de différence sur le placalorique : 1 litre delait apportant en moyenne 670 kcal (2 720 kJ) 
  • Les protides : Le lait de vache contient trois fois plus de protides que le lait maternel. C'est dire que le nourrisson nourri avec du lait de vache non modifié devra éliminer les deux tiers des protéines qu'il reçoit. Le foie fabrique de l'urée, des sulfates et des phosphates que le rein devra éliminer, d'où un surcroît de travail pour ces organes. Cet excès de protéines provoque dans le colon le développement d'une flore microbienne, dite de putréfaction avec selles alcalines, excellent milieu de culture pour les germes pathogènes. En outre, les protéines du lait de vache sont des molécules étrangères pour l'organisme humain. La conséquence immunologique est la fréquence de l'intolérance aux protéines du lait de vache touchant 1 % des nourrissons dans sa forme sévère (diarrhée majeure, choc allergique...) et 5 à 7 % dans sa forme bénigne (troubles digestifs, hypotrophie, éruption...). Il paraît difficile de savoir combien de manifestations allergiques (infections ORL à répétition, asthme, eczéma...) sont déclenchées par l'intrusion de ces protéines étrangères dès le jeune âge mais il est certain que le lait de vache joue un rôle important. Le lait de mère est adapté à la physiologie du bébé et contient des protéines telles que la méthionine, la taurine ou la tyrosine, qui répondent à l’immaturité enzymatique de l’enfant.
  • Les ghucides : Le principal sucre du lait maternel est le lactose qui, grâce à la lactase, enzyme présente dans les cellules intestinales, est dédoublé en glucose et galactose. Le galactose entre dans la composition des cérébrosides nécessaires à la synthèse de la myéline. Le lait de vache contient moins de lactose que le lait maternel. Le lait de femme comprend en outre de nombreux oligosaccharides dont seuls certains sont connus pour l'instant. Leur rôle est encore incompris mais il est probable qu'ils favorisent le développement intestinal d'une flore microbienne (lactobacillus bifidus) qui protège la muqueuse intestinale contre les agressions bactériennes. Avant les réglementations récentes, la plupart des laits industriels pour nourrissons (préparés à partir du lait de vache) contenaient de trop grandes quantités de saccharose (sucre domestique) qui habituaient le nourrisson au goût sucré. C'était alors le risque ultérieur de caries dentaires et d'obésité avec ses complications cardio-vasculaires.
  • Les lipidesSi la richesse en graisses des deux laits est sensiblement identique, il n'en est pas de même pour la proportion en acides gras insaturés. Un litre de lait de femme apporte deux à neuf fois plus d'acides gras insaturés (acides linoléique et arachidonique) qu'un litre de lait (de vache) industriel demi-écrémé. Ces acides gras insaturés sont essentiels pour les synthèses cérébrales et l'organisme humain ne sait pas les fabriquer. Cela ne signifie nullement que le quotient intellectuel soit directement en rapport avec le mode d'alimentation au cours des premières semaines de vie mais on peut penser que certains enfants plus vulnérables que d'autres ne bénéficient pas des meilleures chances de développement lorsqu'ils sont nourris au lait de vache.  est certain qu'il existe d'importantes marges de sécurité. La diversification précoce du régime, les stocks de graisses existant à la naissance chez le nouveau-né (à condition que la femme enceinte se soit bien alimentée) donnent au nourrisson une quantité souvent suffisante d'acides gras insaturés pour un an. Ces stocks expliquent que toutes les erreurs commises dans l'alimentation du nourrisson n'aient pas eu de conséquences dramatiques sauf chez les nouveau-nés à risque (les prématurés et les dysmatures).
  • Les sels minéraux : Le lait de vache contient trois fois plus de calcium que le lait de femme mais il est très mal métabolisé par le nourrisson pour des raisons biochimiques diversesLe lait de vache apporte trois fois plus de sodium que le lait de femme et l'on sait les risques d'hypertension artérielle que cela peut entraîner chez l'adulte. La fréquence et la gravité des déshydratations hypernatrémiques chez le nourrisson montrent la limite de sa tolérance à un apport excessif de sodium. Le lait de vache apporte deux fois moins de fer que le lait maternel, ce dernier étant déjà à la limite inférieure des besoins. Les teneurs en zinc des deux laits sont identiques mais ce métal est présent dans le lait humain sous une forme spécifique qui explique le rôle exclusif du lait de femme dans la prévention et le traitement de l'acrodermatitis enteropathica (maladie héréditaire consécutive à une carence en zinc et dont les manifestations sont essentiellement digestives et cutanées). Chrome, manganèse, cuivre, sélénium et iode sont en quantités à peu près égales dans les deux laits. 
  • Les vitamines : Par rapport au lait de vache, les teneurs en vitamines sont à des taux plus élevés dans le lait maternel, sauf pour l'acide folique (identique) et pour la vitamine K (plus faible dans le lait maternel). Le taux de vitamine C est juste suffisant si la mère ne fume pas. Pour la vitamine D, la situation n'est pas claire mais il est préférable d'en ajouter quelle que soit l'alimentation de l'enfant. Le lait de femme est par ailleurs très riche en vitamine E, puissant agent antioxydant.

Les avantages de l'allaitement maternel

Protection contre les infections, hypoallergénique. Le lait maternel présente de nombreux avantages. Sans oublier le lien privilégié que l'allaitement crée entre la mère et l'enfant.

Si le biberon semble plus pratique, l'allaitement maternel présente de nombreux avantages. Revue de détail.

Des enfants plus résistants

Depuis longtemps, on sait que les enfants nourris au sein sont plus résistants aux infections (gastro-entérites, otites, etc.) que les autres. Plusieurs dispositifs immunologiques et non immunologiques s'opposent à la prolifération microbienne dans le lait maternel. Les immunoglobulines sont des protéines douées d'une activité anti-infectieuse : on a identifié dans le lait de femme un grand nombre d'anticorps spécifiques (immunoglobulines sécrétoires de type IgA, IgG et IgM) palliant leur absence transitoire au niveau des cellules intestinales du nouveau-né et du nourrisson. Ces anticorps sont dirigés contre les staphylocoques, les streptocoques, les pneumocoques, etc. Ils sont en rapport évidemment avec les infections contre lesquelles la mère a été vaccinée (polio, tétanos...) ou s'est spontanément immunisée. Leur action est purement locale au niveau de l'intestin

Avantages allaitement Des c.ellules immunitaires intactes (lymphocytes B et T, macrophages, leucocytes) se trouvent dans le lait ainsi que des facteurs stimulants de l'immunité (nucléotides). Des facteurs non immunologiques sont également présents : lactoferrine, lactoperoxydase, lysozyme, facteurs antiviraux, enzymes (lipases), analogues de récepteurs piégeant les bactéries pathogènes, facteurs de croissance (EGF) etc. La lactoferrine inhibe la croissance de plusieurs micro-organismes, exerce une action bactéricide sur certains germes et fixe le fer indispensable à la croissance bactérienne.

Ce dispositif immunologique est doublé d'un dispositif biologique. Les produits de digestion du lait humain sont caractérisés par un taux élevé de lactose, une concentration protéique faible et une basse teneur en phosphore. Cela explique d'une part la rapidité du transit intestinal et d'autre part l'importance des résidus acides dans le colon. Un tel milieu acide a un effet bactériostatique sur les germes Gram négatif et favorise la croissance du lactobacillus bifidus. Le lait humain contient une protéine, l’alpha-lactalbumine, qui constituerait un agent antitumoral puissant.

Une protection contre les allergies

Les effets préventifs antiallergiques de l'allaitement maternel dans les populations à risque ont été démontrés par plusieurs auteurs. L'allaitement maternel semble protecteur en cas d'antécédent atopique familial à condition de ne pas diversifier trop tôt l'alimentation du nourrisson et d'éviter en particulier l'introduction des oeufs et du poisson avant l'âge de 9 mois. L'effet protecteur ou plutôt suspensif du lait de mère sur une éventuelle pathologie allergique du bébé (dermatite atopique, eczéma, troubles digestifs) dépend en outre du régime alimentaire de la femme qui allaite. Cette dernière doit en effet supprimer de son alimentation un certain nombre d'aliments (lait, poisson, oeufs, agrumes, cacahuète...) pour que les effets chez l'enfant soient notables. La difficulté à démontrer l'effet protecteur de l'allaitement maternel indique qu'il est, à lui-seul, insuffisant à prévenir les manifestations ultérieures d'allergie, d'autres allergènes que ceux des préparations lactées, voire même les allergènes alimentaires, pouvant être impliqués dans la survenue de celles-ci. Pour beaucoup d'auteurs, il serait illusoire de chercher à prévenir l'asthme, les rhinites allergiques ou l'eczéma, seulement par des manipulations diététiques alors que le nouveau-né et le nourrisson sont soumis à bien d'autres stimulations allergéniques.

Quand une mère ne peut allaiter, elle peut avoir recours au lait humain des lactariums. Il en existe 17 en France qui recueillent et distribuent chaque année 70 à 80 000 litres de lait de femme. Le lait de lactarium est remboursé à 100 % par la Sécurité sociale sur prescription médicale renouvelable tous les dix jours. Les contrôles imposés sont très stricts : analyses bactériologiques, sérologie VIH, HTLV, hépatite B et C. Malheureusement, les méthodes d'assainissement et de conservation du lait humain (stérilisation, pasteurisation, congélation...) altèrent ou détruisent les facteurs immunologiques : IgAs, leucocytes, Iyzozyme, lactoferrine, complément, etc., et le lait de lactarium ne possède plus les propriétés anti-infectieuses du lait humain frais.

Adaptation automatique aux besoins

La composition du lait varie pendant la lactation. On distingue le colostrum (ler au 6ème jour), le lait de transition (6ème au 14ème jour) et le lait mature après le 14ème jour. Le colostrum humain a un profil biochimique très particulier, pauvre en lactose et en lipides, mais riche en sels minéraux, en protéines (anticorps, lactotransferrine) et en oligosaccharides.

Le lait mature a une composition très variable, rendant inutile son " analyse ". Au cours de la tétée, la sécrétion, diluée au début, s'épaissit progressivement et la concentration lipidique quadruple : cette modification semble régulatrice de l'appétit du nourrisson. Au cours du nycthémère, la concentration en lipides s'élève entre 6 et 10 h du matin et s'appauvrit la nuit. Pendant les mois de lactation, décroissent progressivement les taux de lactoferrine, d'IgAs et de zinc. Aucun lait industriel ne peut actuellement s'adapter à ce point aux besoins exacts de l'enfant. Plus bébé tête, plus il y a du lait !

Création des liens affectif entre la mère et l'enfant

L'allaitement est un moment d'échanges privilégié entre la mère et son enfant qui renforce les liens affectifs. De nombreux psychologues insistent sur l'importance de l’allaitement sur le comportement psychoaffectif du nourrisson. D'ailleurs, la physiologie de la lactation dépend de ces liens affectifs. La succion du mamelon déclenche au niveau de l'hypophyse de la mère la sécrétion de prolactine (réflexe somatique) qui détermine la sécrétion lactée. La succion dans une ambiance affective et confortable déclenche la sécrétion posthypophysaire d'ocytocine (réflexe psychosomatique) qui est responsable de l'éjection du lait. Selon que le comportement de la mère est dominé par l'anxiété ou la confiance, ces réflexes seront perturbés ou favorisés. En matière de psychologie, il faut savoir ne pas être exclusif et dogmatique : il est évident que mieux vaut allaiter avec plaisir qu'avec peine !

Autres avantages

Dans l'estomac du nouveau-né, le lait maternel coagule en très fins flocons facilement attaqués par les sucs digestifs. La digestion est ainsi très rapide.

Le lait maternel est stérile, sain, tiède, pur et toujours disponible. Il évite tous les préparatifs des biberons avec leur stérilisation. C'est le lait le plus économique. Chez la femme qui allaite, on constate un renforcement des contractions utérines favorable à une rapide involution de l'utérus.

Les études épidémiologiques mettent en évidence d'autres avantages.

Pour la mère: 

  • Une durée d’allaitement de douze mois (dans la vie) réduit de 30 % de risque de cancer du sein durant la préménopause (représentant le quart des cancers du sein)
  • Allaiter pendant au moins deux mois réduit de 25 % le risque de souffrir d’un cancer des ovaires.

Pour l’enfant

  • L’allaitement protège l’enfant contre les diarrhées, les infections respiratoires et les otites. Un effet sur la mort subite est aussi actuellement débattu.
  • L’allaitement pourrait également jouer un rôle dans la protection contre le diabète, l’obésité, les caries, les mal-occlusions et la sclérose en plaques.
  • Un effet bénéfique est observé sur l’acuité visuelle des prématurés. Les causes en sont imprécises mais différentes théories tentent d'expliquer ces constatations mettant au premier plan des mécanismes immunologiques, le taux de cholestérol, le rapport zinc/cuivre, etc.

Les préparations diététiques modernes diminuent les inconvénients classiques des laits industriels tous préparés à partir du lait de vache. Toutefois, les moyens de la technologie actuelle ne permettent pas de suppléer le lait de mère. On ne sait pas reproduire l'avantage immunologique, on ne peut pas inventer les changements de composition du lait au cours des tétées avec les rôles que ces modifications jouent dans les mécanismes régulateurs de l'appétit et dans la protection vis-à-vis de l'obésité. Il convient également de rappeler que chez les enfants nourris au biberon, on constate souvent une introduction précoce et importante des farines, facteur d'obésité ultérieure.

Allaitement : la solution anti-allergie

Contre les allergies alimentaires, rien ne vaut l'allaitement maternel. A force d'être répété, le credo s'est peu à peu imposé dans les esprits. Il n'est pourtant pas possible de faire formellement la démonstration de sa supériorité pour des raisons de méthodologie. L'allaitement représente-t-il vraiment la meilleure protection ?

Allaitement contre les allergiesLes allergies alimentaires touchent 3 à 5 % des enfants mais paraissent continuellement gagner du terrain. Il reste difficile aujourd'hui encore de savoir pourquoi tel individu sera allergique, tandis que tel autre restera insensible. Le facteur héréditaire apporte un début d'explication : 80 % des enfants allergiques présentent des antécédents familiaux. Des études scientifiques ont également constaté que le simple fait d'éloigner un nouveau-né de sa mère au cours des premières heures qui suivent sa naissance augmente son risque de rhume des foins. Le même phénomène est observé pour les enfants nés par césarienne ou encore chez les mères qui ont pris un antibiotique pendant leur grossesse.

Le lait de vache, un puissant allergène

La flore intestinale joue le rôle de "barrière" en régulant les inflammations des muqueuses intestinales en réaction aux antigènes. Exposé à des protéines qu'il ne reconnaît pas, le système immunitaire sur-réagit. L'allergie se manifeste par des troubles de la digestion (vomissements, diarrhées, douleurs abdominales), de l'eczéma, de l'urticaire, voire un choc anaphylactique. Face aux allergies alimentaires, l'allaitement maternel est souvent présenté comme étant la meilleure des préventions en raison des faibles quantités de protéines qu'il contient. Le bébé peut ainsi forger progressivement sa tolérance immunologique. Mais après son sevrage, ou dès les premiers jours si la mère ne veut ou ne peut pas allaiter, le lait de vache constitue l'un des principaux aliments des enfants. Sa richesse en protéines (caséine, lactoglobuline et lactalbumine) le rend hautement allergisant.

Les substituts

  • Le "lait" de soja : Le soja, qui n'a de "lait" que le nom puisqu'il ne contient pas de lactose, a souvent été présenté comme une alternative au lait de vache. Mais les protéines du soja conservent un fort pouvoir antigénique et les risques d'allergie croisée avec les protéines de lait de vache ne sont pas négligeables. "Il est donc impossible aujourd'hui de recommander le recours à ce type d'aliment pour diminuer la survenue d'allergies diverses" soulignait le Pr. Jacques Sarles, pédiatre à l'hôpital d'enfants de la Timone (Marseille) lors des Entretiens de Bichat 2002
  • Les laits hypoallergéniques : Il s'agit en réalité d'une dénomination commerciale qui n'a pas de réalité réglementaire. Leurs protéines sont également d'origine animale (caséine ou protéines solubles) mais leur potentiel allergisant a été diminué par l'action de l'eau (hydrolisation). Des études ont démontré une réduction importante des manifestations allergiques chez les enfants, mais, même réduit, le risque continue à exister. Les préparations hypoallergéniques ne sont donc pas conseillées aux enfants déjà sensibilisés aux protéines du lait de vache.
  • Les probiotiques : Ces cultures de bactéries, potentiellement bénéfiques pour le développement de la flore intestinale, pourraient contribuer à la prévention des risques allergiques. Une étude publiée en 2001 dans le Lancet par l'équipe du Dr Marko Kalliomaki fournit quelques éléments intéressants. Un groupe de femmes enceintes, ayant des antécédents ou des proches souffre d'eczéma, de rhinite allergique ou d'asthme, a reçu du Lactobacillus GG 2 à 4 semaines avant la naissance. L'expérience s'est poursuivie avec l'administration chez les nouveaux-nés pendant 6 mois. A 2 ans, la fréquence de l'eczéma atopique était 2 fois plus importante dans le groupe non traité que dans celui qui avait reçu des probiotiques. "Avant de passer à la pratique il ne faut cependant pas négliger le fait que l'innocuité des probiotiques n'est peut-être pas totale notamment chez le nouveau-né" précise Jacques Sarles.

Allaiter pour prévenir le cancer du sein ?

C’est une étude de la célèbre revue Lancet qui l’annonce : allaiter ses enfants diminue le risque de cancer du sein. Mais attention, il ne suffit pas de nourrir quinze jours ses chérubins, il faut attendre un an pour que la diminution du risque soit significative.

Allaitement - Cancer du seinLe cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. 42 000 nouveaux cas apparaissent chaque année en France, et 11 000 décès par an lui sont directement liés.

Certains facteurs de risques sont déjà bien connus : la prédisposition familiale avant tout, mais également la puberté précoce, la ménopause tardive, et l’absence de grossesse. Cette fois-ci, l’équipe du Pr Valérie Beral du Centre de recherche sur le cancer d'Oxford a prouvé scientifiquement qu’un allaitement prolongé diminue le risque d’apparition de ce cancer.

Une étude de grande ampleur

Pour y parvenir, ils ont réalisé ce que les chercheurs appellent une métaanalyse. Le principe de ce type d'enquête est de réunir les données du plus grand nombre possible d’études sur le sujet, et de les réanalyser dans leur ensemble. Le fait de réunir des études permet de disposer de données sur un très grand nombre de personnes, et d’obtenir une puissance statistique qu’on n’obtient pas sur de plus petits échantillons.

Les chercheurs ont ainsi réuni les données de 47 études réalisées dans 30 pays différents, et portant au total sur près de 150 000 femmes. Un tiers d’entre-elles étaient des "cas", c’est-à-dire des femmes ayant eu un cancer du sein, et les autres des témoins, c'est-à-dire des femmes indemnes de la maladie.

Sur cette population artificiellement reconstituée, les chercheurs ont retrouvé le fait que l'absence de grossesse était un facteur de risque : les femmes avec cancer avaient eu, en moyenne, moins d'enfants que les femmes indemnes (2,2 contre 2,6 enfants par femme). Les femmes présentant un cancer avaient allaité moins souvent, et moins longtemps que les témoins. Le risque de cancer était diminué de 4,3 % pour une année d'allaitement supplémentaire, sachant que le risque était déjà diminué de 7 % pour chaque naissance.

Des résultats valables pour une population

Bien entendu, il s'agit de données statistiques, qui n'ont de valeur que pour un groupe de personnes. Au niveau individuel, il est possible qu'une femme ayant eu de nombreux enfants et ayant allaité plusieurs années ait un cancer du sein par la suite, comme il est possible qu'une femme sans enfant  n'ait pas de cancer. En revanche en moyenne, la première a moins de risques que la seconde de développer un cancer du sein.

Les chercheurs expliquent l'augmentation du nombre de cancers du sein à laquelle on assiste actuellement dans les pays développés par la diminution du nombre d'enfants et la diminution de la pratique de l'allaitement. Ils ajoutent que si toutes les femmes allaitaient 6 mois de plus dans les pays occidentaux, on pourrait éviter 25 000 cancers du sein chaque année. En revanche, ils n'avancent pas d'explication évidente. Deux pistes sont cependant évoquées : la sécrétion de prolactine (hormone responsable du développement et du maintien de la lactation) pendant l'allaitement pourrait être bénéfique, ou alors la diminution de la sécrétion d'hormones féminines qu'elle entraîne aurait un effet favorable.

 

Allaitement mixte : témoignages de mamans

  • Djiins, 30 ans, 1 petite fille de bientôt 5 mois : 

J'ai mis en place un allaitement mixte à 1 mois pour me soulager un peu.

J'ai débuté l'allaitement mixte vers les 1 mois de ma fille, essentiellement pour avoir la possibilité de me soulager ponctuellement, de pouvoir sortir plus de 1h30 sans elle ou encore de pouvoir passer le relais quand la fatigue était trop présente. Le 1er mois a été assez éprouvant, je ne dormais pas plus de 3 h par 24 h. J'ai eu besoin de cette aide. Je pensais tirer mon lait mais je ne l'ai fait que 2 fois, n'arrivant pas à m'investir de ce côté-là lorsque je n'avais pas ma fille au sein. J'ai introduit 1 biberon le soir et 1 biberon le matin. Le papa s'est levé un matin sur 2 pour nourrir notre fille à 6 h ce qui m'a permis de beaucoup récupérer en peu de temps. Je n'avais déjà pas eu de montée de lait spectaculaire et il est clair que moins le bébé tète, moins on produit de lait. Ayant aussi un REF (Réflexe d'Éjection Fort), les tétées devenaient assez laborieuses en fin de journée et en soirée, malgré mes efforts pour appliquer tout ce qu'on m'avait conseillé en cas de REF. Vivant cette situation assez mal, je ressentais ces moments en soirée de plus en plus comme des contraintes, j'ai donc introduit plus de biberons... ce qui a abouti à un sevrage vers ses 2 mois. Si c'était à refaire, je commencerais l'allaitement mixte un peu plus tard, et surtout en introduisant moins de biberons, sauf pour le matin où cela m'a vraiment aidée à tenir, mais pour moi c'est vraiment un bon compromis dans le sens où l'on peut nourrir son enfant tout en s'accordant des moments seule ou des plages de sommeil un peu plus longues. 

 

  • Marie-Laure, 30 ans, maman de Solène, bientôt 1 an

Je suis heureuse d'avoir réussi à faire un allaitement mixte et long 

Les débuts de l'allaitement ont été difficiles. Arrivée avec 3 semaines d'avance, Solène était un bébé de petit poids (2,6 kg) qui ne parvenait pas à téter efficacement. J'ai persévéré et Solène a appris progressivement à téter correctement, je l'ai ainsi allaitée exclusivement pendant 2 mois. Après, très fatiguée, j'ai voulu "souffler" un peu et passer le relais au papa ; j'ai commencé à tirer mon lait et à laisser le papa donner un biberon de mon lait par jour. Sauf que pour tirer un biberon de 150 ml, je devais faire plusieurs tirages, j'avais du mal à obtenir assez de lait. Nous sommes passés vers 3 mois à 1 biberon de lait artificiel par jour, puis à 2. Solène continuait à bien téter, jusqu'au moment où elle a fait une confusion sein-tétine. Elle refusait le sein la journée et ne voulait téter que la nuit. J'ai décidé ne pas laisser tomber l'allaitement. J'ai ressorti le tire-lait, je tirais de très petites quantités mais je tirais 5-6 fois par jour, pour entretenir ma lactation, avec l'espoir que Solène se remettrait un jour à téter. J'essayais de limiter les biberons et de proposer le sein souvent, même si j'essuyais de nombreux refus. Cette période difficile a duré presque un mois, et puis progressivement Solène s'est remise à téter un sein (elle ne voulait que le droit pendant 2 semaines), puis le deuxième, d'abord le soir, puis la journée. Avec la diversification, c'est devenu plus simple : elle a associé la cuillère à la purée, le biberon au lait artificiel et le sein au lait de maman. Depuis, nous avons trouvé un rythme qui nous convient à toutes les deux : tétée le matin, biberons et aliments solides la journée, et surtout la grande tétée du soir, notre moment privilégié. J'ai repris le travail il y a un mois, nous avons gardé ce rythme et tout se passe bien, j'espère continuer ainsi jusqu'au sevrage naturel. Mon conseil aux mamans ? Un allaitement mixte long est possible mais c'est un équilibre fragile et il ne faut pas se lancer dedans sans en connaître les risques.

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