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Publié par Lolie

Le bar était désert. Seul quelques ivrognes étaient vautrés sur le bar, cuvant leurs couples monotones ou leurs vies sans vie, On aurait dit que toute la misère du monde se trouvait dans la pièce, la fumée des cigarettes formaient un brouillard permanent et le Jukebox laissait grisaillé un vieux air qui avait connu son succès il y a 30 ans mais totalement oublié aujourd'hui, adossée contre l'appareil, une femme usée par les passes nocturnes rêvait encore au prince charmant et bougeait sa tête au son ennuyeux de la musique.... Le brouillard était si épais. Je m'y sentais complètement perdue. À cet instant j'étais si fragile et vulnérable, toutes mes émotions se bousculaient dans ma tête. Elles se fracassaient les unes contre les autres. J'étais déboussolé, ne sachant pas très bien ce que je ressentais, ce que je désirais, je me sentais juste me briser de l'intérieur, me fracasser telle une poupée de porcelaine. Je me dirigea vers une silhouette, une ombre de la nuit, le diable en personne et je lui tendis quelques billets et en échange, il me donna un petit sachet, je le pris et le serra contre ma poitrine, comme un trésor, le remède a ma souffrance, une poudre en laquelle je ne pouvais m'en passer, un souffle de vie... Sans rien dire, je me m’éclipsais de la salle et pris la direction des toilettes, une odeur acre d'urines et de pourritures envahissait mes sens, mais rien n'y faisait, ce que j'avais a faire passer au delà de tout ça, je m'enferma à l’intérieur d'un box, m'assis dans un coin et sortis quelques accessoires, j'attacha une sangle autour de mon bras et serra, serra jusqu'à l'apparition de mes veines, je pris une cuillère et vida la poudre à l’intérieur, prenant garde de rien faire tomber, chauffant le tout avec un briquet. ce rituel, je le connaissais bien, a force de le faire dès que je pouvais me procurer ma dose de bonheur... Une fois la poudre transformée en liquide translucide et que celui ci pris place dans la seringue, d'un geste vif, j’enfonça l'aiguille dans ma chair et envoya le contenu se mélanger a mon sang. Tout ce qu'au plus profond de moi j'avais gardé depuis tout ce temps remontait à la surface comme la lave d'un volcan en éruption. Toutes ces choses coincées dans ma gorge m'étouffaient, je me mis à suffoquer, à trembler et enfin, je finis par gémir. Mes forces m’abandonnaient, me noyant dans mes cauchemars que je croyais des rêves, sentant tout mon corps vibrer, trembler, Je me suis sentais libéré, loin. J'étais si léger, illusion éphémère mais au diable les préjugés, j'étais bien, heureuse, mon regard vide, scrutait au delà de la porte du box, je finis par m'endormir bien que totalement troublé par ce qui venait de se passer, au bout d'un moment, je ramassais mes affaires, et d'un pas pas très sur mais rapide, je sortis des toilettes, 'évitant les quelques regards qui se posaient sur moi, je sortis du café et m'enfonça dans la rue, la nuit, j'avais froid. je m’enfuyais Comme si je venais de m’évader de l'enfer....

Lolie

Illustration de Fred Neuville

 

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