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Publié par Lolie

Qu'est-ce qu'une carmélite ?

A la suite du prophète Elie

  

« Il est vivant,
le Seigneur Dieu
devant qui
je me tiens »
Livre des Rois

De même qu'Elie était parti au désert à la rencontre du Seigneur, des ermites s’installent sur le Mont Carmel et y bâtissent une chapelle dédiée à la Vierge Marie.

Regroupés sous le nom de Frères de la Bienheureuse Vierge Marie, ils reçoivent en 1204 une règle de vie qui définit ainsi leur vocation :
«Que chacun demeure seul dans sa cellule, méditant jour et nuit la loi du Seigneur».
L’Ordre s’étend en Europe.

En 1682, Thérèse d’Avila, carmélite espagnole, « bouleversée par tant d’âmes qui se perdent » réforme l’Ordre du Carmel. Elle met au cœur de la vie des dizaines de carmels qu’elle fonde l’oraison, cette prière silencieuse où l’on est seul avec le Seul.

«Ne vous écartez jamais d’un si bon ami. Si vous prenez l’habitude de l’attirer auprès de vous, s’il voit que vous l’appelez avec amour, (…), vous n’arriverez pas, comme on dit, à vous en débarrasser, jamais il ne vous manquera, il vous aidera dans tout votre travail, il sera partout avec vous. Pensez-vous que ce soit peu de chose qu’un tel ami à nos cotés ? »

Thérèse d’Avila
Chemin de Perfection 26, 1

D’autres grandes figures carmélitaines
Histoire3 Histoire5 Histoire6 Histoire7 

L’ordre du carmel engendre au cours des siècles de nombreux saints qui guident les chrétiens dans les voies du cœur à cœur avec Dieu : Jean de la Croix, bien sûr, notre petite Thérèse, Elisabeth de la Trinité, Edith Stein, le P. Jacques de Jésus, le P. Marie Eugène, Mariam de Galilée, Teresa de los Andes et tant d'autres...

L'Ordre du Carmel est un ordre religieux catholique. Ses membres sont appelés Carmes (pour les hommes) et Carmélites (pour les femmes). Intégralement contemplatif à l'origine, l'Ordre du Carmel est aujourd'hui divisé en une branche apostolique (Carmes, quelques carmélites apostoliques) et une branche contemplative (Carmélites). L'Ordre du Carmel est porteur d'une tradition spirituelle riche, qui a une grande importance pour l'Église catholique tout entière, notamment grâce à plusieurs docteurs de l'Église issus de l'Ordre : Thérèse d'Avila, Jean de la Croix, Thérèse de l'Enfant-Jésus. Ils sont spécialement connus pour leur enseignement sur la prière ou l'oraison, très mise en valeur au Carmel.

Les Carmes (« Chaussés » ou « Grands Carmes », et « Déchaussés »), contrairement aux carmélites, ne vivent pas cloîtrés, mais exercent un apostolat à l'extérieur de leurs couvents ; ce qui fait qu'ils ne sont pas considérés comme contemplatifs au sens strict, ni comme moines. Mais ils ont conservé quelques aspects de la vie monastique : ils observent un certain silence et se livrent au jeûne et à la prière. Au Moyen Âge, ils portaient une robe brune et une chape blanche avec des barres de couleur brune, d'où le nom de Barrés qu'on leur donnait aussi.

Les Carmélites, religieuses qui suivent la règle du Carmel, sont par contre pour leur grande majorité des contemplatives, dont la vie est intégralement orientée vers la prière, sans apostolat extérieur. Les Carmélites ont été introduites en France dès 1452. Peu de temps après, à partir de 1562, le Carmel féminin fut réformé par Thérèse d'Avila en Espagne. Rapidement, le cardinal de Bérulle et Barbe Acarie firent adopter cette réforme en France. C'est dans un couvent de Carmélites de Paris (rue d'Enfer) que se retira Mademoiselle de La Vallière. Il existe aujourd'hui des carmélites apostoliques qui ne vivent pas en clôture.

Au moins dès le xiie siècle, des hommes s'inspirant du prophète Élie vivent en ermites dans les grottes du Mont Carmel. Albert Avogadro, patriarche latin de Jérusalem, leur donne une règle de vie vers 1209. Cette règle, constituée de quelques thèmes majeurs empruntés à la Bible, est centrée sur la prière. Le supérieur général des Carmes, saint Simon Stock, met la communauté sous la protection de la Sainte Vierge en 1245 sous le nom d'Ordre de Notre Dame du Mont-Carmel.

Le siège de Jérusalem en 1187, qui achève la reconquête de la Palestine par Saladin, incite les chrétiens venus d'Occident lors des croisades à partir. De retour en Europe en 1238, ils vivent de plus en plus dans les villes où ils constituent de petites communautés. En 1247, l'ordre mendiant qu'est le Carmel est organisé par le pape Innocent IV.

Des femmes proches de ces communautés de Frères sont attirées par leur vie de prière. Ainsi par exemple, des béguinages auxPays-Bas donnent naissance à des monastères de carmélites dans la seconde moitié du xve siècle.

Jean Soreth, frère du couvent des Carmes de Caen, supérieur de l'Ordre du Carmel de 1451 à 1471, s'efforça de convaincre ses Frères de mener une vie religieuse plus rigoureuse et travailla à la transformation de quelques béguinages des Pays-Bas en monastères de carmélites. Le mouvement ainsi lancé se répandit en Italie, en Espagne et en Bretagne avec la duchesse de Bretagne Françoise d'Amboise. Celle-ci épouse le duc de Bretagne à l'âge de 15 ans. Veuve à 30 ans, elle fonde un couvent de carmélites près de Vannes avec l'aide de Jean Soreth et y prend l'habit.

Dans le contexte de la tourmente protestante et du Concile de Trente, deux grandes figures marquent en Espagne la vie du Carmel :

  • Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
  • Saint Jean de la Croix (1542-1591) qui fonde les Carmes déchaussés en 1568

Ils renouvellent dans l'ordre le sens de la prière et de la pauvreté à travers l'humilité et une vie cachée.

À la suite de la fondation du premier monastère de la réforme, le couvent Saint-Joseph à Avila en 1562, seize communautés féminines et quinze communautés masculines nouvelles naissent en l'espace de vingt ans.

Cette réforme s'étend rapidement à la France où existent, en plus des carmels non réformés (au nombre de six) déjà présents, soixante-quatorze carmels féminins et soixante-sept couvents de Carmes à la fin du xviie siècle.

Le Siècle des lumières est un temps de fléchissement spirituel pour la vie religieuse confrontée aux remises en questions du rationalisme.

Le 17 juillet 1794, les Carmélites de Compiègne dont sœur Charlotte de la Résurrection sont guillotinées à Paris.

Elle se fait difficilement au cours du xixe siècle. Dominique de Saint-Joseph, espagnol chassé de son pays par les persécutions dont l'Église est l'objet, réalise en France la première réimplantation desCarmes en 1840, à Rions au hameau de Broussey, près de Bordeaux.

D'autres figures contribuent à la restauration du Carmel : l'espagnol Francisco Palau y Quer, l'officier polonais Joseph Kalinowski, le pianiste et carme allemand Hermann Cohen. Sainte Thérèse de Lisieuxet sainte Élisabeth de la Trinité renouvellent son message spirituel. La lecture d' Histoire d'une âme de la sainte de Lisieux a un immense retentissement, ainsi que sa canonisation en 1925.

En 1831, trois prêtres indiens (Kuriakose Elias Chavara (1805 dans l'État de Kérala -1871), Thomas Porukara et Thomas Palakal) fondent à Mannanam la Congrégation des Serviteurs de Marie Immaculée du Mont-Carmel, communément appelés Carmes de Marie Immaculée, affiliés aux Carmes Déchaux en 1831. Le P. Chavara, prêtre de l'Église Syro-malabare (unie à Rome) qui a été béatifié le 8 février 1986 par Jean-Paul II, a également fondé la congrégation féminine duCarmel de Marie en 1866. Ces deux congrégations se sont également implantées en Afrique et en Europe. En 1882, les frères lyonnais convertis du judaïsme en 1854 Joseph Lémann et Augustin Lehmann fondent le Carmel de Haïfa.

En 1933, le Carmel de Cologne accueille une philosophe juive réputée, Edith Stein, qui prendra le nom de sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix; déportée et assassinée à Auschwitz en août 1942, elle sera canonisée en 1998 par Jean-Paul II, que l'œuvre théologique et philosophique d'Edith Stein a beaucoup influencé.

Au xxe siècle le père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus fonde le premier Institut séculier carmélitain : Notre Dame de Vie, faisant partie du Tiers-Ordre carmélitain. Dans les années 1970, le Brésilien José Cardoso Sobrinho, farouchement opposé à la théologie de la libération, a été conseiller général et procureur général des Carmélites, avant d'être nommé archevêque d'Olinda et Recife.

La famille Carmélitaine comprend aujourd'hui, depuis la réforme du xvie siècle :

  • Les Grands Carmes et Carmélites chaussés de l'ancienne observance (qui n'ont pas adopté la réforme), et qui ont réalisé depuis peu leur réimplantation en France à Nanteset à Angers. Ils sont issus de la réforme de Rennes appelée aussi Réforme de Touraine, effectuée par le Fr. Philippe Thibaut aidé de Jean de Saint-Samson.
  • Les Carmes et les Carmélites déchaussés, issus de la réforme de Thérèse d'Avila et Saint Jean de la Croix, qui sont au nombre d'environ 4 000 frères et 12 000 sœurs sur les cinq continents. Des laïcs vivent aussi au sein de communautés carmélitaines. Ils forment l’O.C.D.S : Ordre des Carmes Déchaux Séculier, anciennement nommé le Tiers-Ordre.

En 2011, on dénombre en France 89 monastères de Carmélites déchaussées.

À ces branches se rajoutent différentes communautés de Carmélites apostoliques :

  • La Fédération Carmélitaine Apostolique qui rassemble trois congrégations : Notre Dame du Mont Carmel d’Avranches, La Providence de la Pommeraye et Sainte Thérèse d’Avesnes sur Helpe.
  • Les Carmélites de Saint Joseph
  • Les Carmélites missionnaires thérésiennes
  • Les Carmélites de l'Enfant Jésus

La famille comprend également l'institut Notre Dame de Vie qui est un Institut séculier.

Le Carmel de Pontoise, fondé en 1605, est le plus ancien Carmel de la réforme en France, en activité sans interruption depuis sa fondation.

Le Dizionario Carmelitano cite la succession suivante5 :

Prieurs Généraux de tout l’Ordre

  • 1154-1200 : saint Berthold Ier
  • 1200-1232 : Saint Brocard
  • 1232-1237 : saint Cyrille
  • 1237-1249 : Berthold II
  • 1249-1256 : Geoffroy
  • 1256-1257 : Alain
  • 1257-1266 : saint Simon Stock
  • 1266-1271 : bienheureux Nicolas Le Français
  • 1271-1277 : Radulphe Fresburn
  • 1277-1294 : Pierre de Millaud
  • 1294-1297 : Raymond de L’Isle
  • 1297-1318 : Gerardo de Bologne
  • 1318-1321 : Guy Terreni
  • 1321-1330 : Giovanni d’Alerio
  • 1330-1342 : Pierre de Casa
  • 1342-1358 : Pierre-Raymond de Grasse
  • 1358-1375 : Giovanni Ballistari
  • 1375-1381 : Bernard Olery 

Prieurs Généraux (fidèles aux Papes de Rome)

  • 1381-1386 : Michele Aignani
  • 1386-1404 : Jean de Raude
  • 1404-1411 : Matteo de Bologne

Prieurs Généraux (fidèles aux Papes d’Avignon)

  • 1381-1384 : Bernard Olery 
  • 1384-1389 : Raymond de Vaquerie
  • 1389-1411 : Jean Le Gros 

Prieurs Généraux de tout l’Ordre

  • 1411-1430 : Jean Le Gros 
  • 1430-1433 : Bartolomeo Roquali
  • 1433-1434 : Natale Bencesi
  • 1434-1450 : Jean-Fassi
  • 1450-1471 : Jean Soreth
  • 1471-1481 : Cristoforo Martignoni
  • 1481-1503 : Guillaume de Domoquercy
  • 1503-1512 : Pons de Raynaud
  • 1512-1513 : Pierre Terrasse
  • 1513-1516 : Vacance
  • 1516-1517 : Giovanni Batista de Parme
  • 1517-1523 : Bernardino Landucci
  • 1523-1562 : Nicolas Audet
  • 1562-1578 : Giovanni Batista Rossi
  • 1578-1592 : Giovanni Batista Caffardi
  • 1592-1596 : Giovanni Stefano Chizzola
  • 1596-1612 : Enrico Silvio
  • 1612-1623 : Sebastiano Fantoni
  • 1623-1631 : Gregorio Canali
  • 1631-1642 : Teodoro Straccio
  • 1642-1643 : Alberto Massari
  • 1643-1647 : Leone Bonfigli
  • 1647-1648 : Vacance
  • 1648-1654 : Giovanni Antonio Filippini
  • 1654-1660 : Mario Venturini
  • 1660-1666 : Girolamo Ari
  • 1666-1674 : Matteo Orlandi
  • 1674-1676 : Francesco Scannapieco
  • 1676-1680 : Vacance
  • 1680-1682 : Ferdinando Tartaglia
  • 1682-1686 : Angelo Monsignani
  • 1686-1692 : Paolo di Sant’Ignazio
  • 1692-1698 : Juan González Feyjóo de Villalobos
  • 1698-1704 : Carlo Filiberto Berberi
  • 1704-1710 : Angelo de Cambolas
  • 1710-1716 : Pedro Tomás Sanchez
  • 1716-1722 : Carlo Cornaccioli
  • 1722-1728 : Gaspare Pizzolanti
  • 1728-1730 : Antoine Feydeau
  • 1730-1731 : Vacance
  • 1731-1738 : Ludovico Benzoni
  • 1738-1742 : Nicola Ricchiuti
  • 1742-1756 : Luigi Laghi
  • 1756-1762 : Gioacchino Pontalti
  • 1762-1768 : Mariano Ventimiglia
  • 1768-1780 : José Alberto Ximenez
  • 1780-1788 : Andrea Andras
  • 1788-1790 : Giovanni Tufano
  • 1792-1794 : Vacance
  • 1794-1805 : Rocco Melchor
  • 1805-1807 : Vacance
  • 1807-1814 : Timoteo Maria Ascensi
  • 1814-1819 : Vacance
  • 1819-1825 : Luigi Antonio Faro
  • 1825-1832 : Manuel Regidor y Brihuega
  • 1832-1838 : Luigi Calamata
  • 1838-1841 : Giuseppe Cataldi
  • 1841-1843 : Giuseppe Palma
  • 1843-1849 : Agostino Maria Ferrara
  • 1849-1954 : Giuseppe Raimondo Lobina
  • 1854-1863 : Girolamo Priori
  • 1863-1889 : Vacance
  • 1889-1900 : Luigi Galli
  • 1900-1902 : Simone Maria Bernardini
  • 1902-1919 : Pius Maria Mayer
  • 1919-1931 : Elija Magennis
  • 1931-1947 : Hilary Maria Doswold
  • 1947-1959 : Kilian Lynch
  • 1959-1971 : Kilian Healy
  • 1971-1983 : Falco Giuseppe Thuis
  • 1983-1995 : John Maley
  • 1995-2007 : Joseph Chalmers
  • 2007-présent : Fernando Millán y Romeral

Sainte Thérèse d'Avilasaint Jean de la Croix et sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, tous trois Docteurs de l'Église, sont souvent considérés aujourd'hui comme les trois maîtres du Carmel.

 
Thérèse d'Ávila                            Jean de la Croix
 
                                     Thérèse de Lisieux              Edith Stein
Bibliographie carmélitaine
  • Thérèse d'AvilaLe chemin de la perfection (Camino de perfección)Vie par elle-même (Vida de Santa Teresa de Jesús)Le Château intérieur ou les Demeures (Castillo Interior ou las Moradas).
  • Jean de la CroixLes Cantiques spirituelsLa Montée du CarmelLa Nuit obscureLa Vive Flamme d’amour.
  • Thérèse de LisieuxHistoire d'une âme.
  • Élisabeth de la TrinitéÉcrits spirituels
  • Marie de Jésus CrucifiéMariam - la petite arabeMariam sainte palestinienne, ou la vie de Marie de Jésus crucifié
  • Marie-Antoinette de Geuser, dite Consummata, Notes spirituelles
  • P. Marie-Eugène de l'Enfant-JésusJe veux voir Dieu

La doctrine de ces auteurs tourne beaucoup autour du thème de la nuptialité (telle qu'évoquée entre autres dans le Cantique des cantiques, le livre d'Osée et même par Jésus dans les évangiles), soit de l'union de l'âme avec Dieu qui est l'époux. Les écrits de Thérèse d'Avila et de Jean de la Croix constituent un véritable enseignement sur l'art de l'oraison, et en particulier de la contemplation mystique au cours de laquelle Dieu prend lui-même l'initiative durant l'oraison.

TÉMOIGNAGE D'UNE FUTURE POSTULANTE

J'ai rencontré Dieu à l'âge de 15 ans, et la question de la vie religieuse s'est tout de suite posée pour moi. Dans le feu de la conversion, on a envie de tout donner au Bon Dieu, en pensant qu'il faut forcément lui être consacré.

Et puis, petit à petit, on se rend compte qu'on peut se donner à Lui dans tous les états de vie... Mais régulièrement pendant les quinze années qui ont suivi, la question de la vie religieuse me revenait, je me suis intéressée à bon nombre de communautés, mais à chaque fois ce n'était pas ça.

Thérèse a toujours été très présente dans ma vie ; « Histoire d'une Ame » est le premier livre religieux qui me soit tombé dans les mains...

Elle m'a souvent montré sa présence à ses côtés, et m'entrainait à sa suite, comme si elle avait tissé sa toile petit à petit autour de moi !

      

J'ai commencé à travailler à la librairie de Notre Dame des Victoires (l'un des grands lieux thérésiens de Paris), puis en apprenant qu'un poste se libérait à la librairie du Carmel de Lisieux, je suis partie m'y installer, je travaillais juste en face du Carmel. Ce lieu m'a toujours profondément touchée, j'avais des élans d'amour pour le Carmel de Thérèse ! J'aimais beaucoup travailler avec les carmélites (je travaillais avec elles à ce site internet), tout en pensant que moi, je serais incapable de m'enfermer avec vingt bonnes femmes dans un hectare, ou bien qu'une telle vocation était « trop belle pour moi ». Et pourtant le carmel était le vrai lieu de respiration de ma vie. 

Un jour, mon accompagnatrice spirituelle m'a dit : « Mais pourquoi pas ? Va voir ! » J'ai donc accepté, sans trop y croire au début, de commencer un chemin de discernement avec les carmélites. J'ai entamé une plongée dans la spiritualité du Carmel, car jusqu'ici je n'en connaissais que la figure de Thérèse. 

J'ai découvert cette spiritualité qui m'a rejointe en profondeur, de par son attachement radical au Christ, et sa liberté intérieure totale. 
J'ai avancé étape par étape, notamment en étant accompagnée par un père carme, et en dialoguant avec la prieure... Jusqu'à l'étape du stage : un mois à partager la vie des carmélites. Pas facile ! Car le Carmel est un lieu de combat spirituel. Mais où j'ai enfin pu répondre à une question qui me travaillait depuis longtemps : « qu'est-ce que je veux ? » Je me suis rendue compte que vivre au Carmel était une réelle aventure, à la recherche du Christ. L'aventure carmélitaine, voilà ce que je veux ! Par ailleurs, jusqu'à présent, je travaillais dans l'Eglise dont j'étais une petite fourmi ouvrière. Mais il m'a semblé qu'au carmel, je participerai à porter la fourmilière de l'Eglise, et que j'y serai donc plus utile au monde d'aujourd'hui.

Le 16 juillet 2013, j'entrerai donc au carmel de Lisieux commepostulante.Le postulat dure un an, puis on prend l'habit et entre au noviciat pour deux ans. Après quoi, si Dieu le veut, il y a les vœux temporaires pour trois ans, qui sont la première véritable consécration par les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance. Et enfin, les vœux perpétuels. Le discernement se fait étape par étape, avec à la fois le soutien de l'Eglise et de la communauté, dans une totale liberté. J'espère que le Bon Dieu m'appelle pour la vie mais... on verra ! C'est l'aventure !

La vie au Carmel est une vie de prière. Tout y est fait pour vivre les choses avec le Christ. Une vie de silence, de solitude, nourrie par la parole de Dieu. Il n'y a pas de divertissements, au sens de ce qui pourrait nous détourner de Dieu. Au Carmel on doit faire face à la réalité, aux problèmes que l'on tentait d'éviter, mais avec le Christ. Il y a aussi un très bon équilibre entre la vie en solitude et la vie communautaire... qui constitue une sacrée école de charité !

Pour finir, chers amis internautes, merci de prier pour les vocations dans notre monastère : ça m'ennuierait de finir dans un siècle empaillée dans le musée du carmel avec pour légende : « Dernière carmélite de Lisieux » ;-) Et bien sûr, je vous emmène dans ma prière !

soeur jardin

L'amour se nourrit de sacrifices, plus l'âme se refuse de satisfactions naturelles, plus sa tendresse devient forte et désintéressée

En 1838, à la demande de l’Abbé Sauvage, prêtre de Lisieux, des carmélites de Poitiers fondent le Carmel de Lisieux. La chapelle sera terminée en 1852.
Le rayonnement de Sœur Thérèse de l’Enfant Jésus transforme la vie de la communauté qui va travailler à sa béatification et à sa canonisation. Des millions de pèlerins affluent vers Lisieux et beaucoup viennent prier devant les reliques de Thérèse, dans la chapelle où elle-même a tant prié et aimé. La chapelle est agrandie en 1923. Pendant ce temps, les carmélites poursuivent leur vie de prière.
En 1641, un évêque rêve. C'est l'évêque de Lisieux, Monseigneur Cospeau. Alors que la France prospère dans ses colonies, etc., Mgr Cospeau rêve d'avoir un carmel dans son diocèse. Il aimerait bien que ce soit à Lisieux, là où est situé son évêché, ou alors à Pont-l'Évêque…
Le rêve se réalise, mais dans la ville de Pont-Audemer. Supprimé lors de la Révolution, le Carmel de Pont-Audemer est rétabli en 1803, mais la ville fait désormais partie du diocèse d'Evreux. 
Qu'à cela ne tienne !
Deux jeunes femmes patientent à la porte du carmel de Pont-Audemer, ne pouvant y être admises en raison de leur santé. Ce sont deux soeurs, Athalie et Désirée Gosselin, deux riches jeunes femmes souhaitant donner leur fortune pour la fondation d'un carmel où elles pourraient être admises. La prieure du Carmel de Pont-Audemer pense à Lisieux, et elle écrit à un prêtre de cette ville, le P. Sauvage, qu'elle connaît depuis des années. Enthousiaste, ce dernier invite les demoiselles Gosselin à s'installer à Lisieux chez les Bénédictines.
Il restait à trouver un Carmel qui comptaient assez de religieuses pour donner quelques soeurs pour encadrer la fondation, former les soeurs Gosselin et celles qui viendraient ensuite. Pendant deux ans, le Père Sauvage frappa sans succès à de nombreuses portes, pour enfin trouver un accueil favorable au Carmel de l'Incarnation, à Poitiers.
 

La prieure de Poitiers s'engage pour " la gloire de Dieu ". Elle invite les demoiselles Gosselin à commencer leur formation au Carmel de Poitiers, puis à revenir fonder à Lisieux en compagnie de soeurs de Poitiers. Ce qui fut fait : les soeurs Gosselin restèrent au carmel de Poitiers d'avril 1837 à mars 1838. Deux carmélites furent désignées pour les accompagner à Lisieux :
Sr Elisabeth de St Louis
Sr Geneviève de Ste Thérèse qui, encore en vie à l’entrée de Thérèse Martin, aura sur la future sainte une influence déterminante.
Pendant ce temps, le P. Sauvage cherchait à Lisieux un terrain convenable pour un monastère. Aidé par une pieuse veuve, Mme Leboucher, qui lui offrit de loger chez elle les carmélites, il trouva et acheta tout près de chez elle, rue de Livarot, une demeure et un jardin. On pouvait facilement aménager la maison pour loger cinq ou six personnes.
Il est 4 heures du matin, ce jeudi 15 mars 1838 à Lisieux, la petite cité normande capitale d'une riche région agricole.
 
 
La ville est aussi le site d'une industrie textile qui assure en priorité le travail pour les 10 à 13,000 habitants d'alors.
Il est 4 heures du matin et il pleut lorsque la diligence venant de Paris par Mantes et Evreux s'arrête au relais. En descendent 5 religieuses arrivant de Poitiers, après 4 jours de voyage en diligence, sur des routes chargées de caillloux, avec tous les inconvénients d'un voyage de l'époque :
  • Sr Elisabeth de St-Louis (prieure)
  • Sr Geneviève de Ste-Thérèse
  • Sr Thérèse de St-Joseph (Athalie Gosselin)
  • Sr Marie de la Croix (Désirée Gosselin)
  • Sr St-Jean de la Croix (postulante de Lisieux)

Mme Leboucher accueille les voyageuses chez elle, leur prêtant les premier et second étages de sa rustique demeure, encore visible aujourd'hui rue du Père Zacharie. La vie s'organise dans cet humble logement provisoire, pour l'oraison et la récitation de l'Office, mais aussi pour l'intendance. Gêne et fatigue n'empêchent pas la fondation d'être officiellement déclarée ce 15 mars, lors de la première messe célébrée par le vicaire général, M. l'abbé Falize, venu accueillir la communauté au nom de Mgr Robin, alors évêque de Bayeux.
Dans le silence et l'obscurité, le Carmel de Lisieux était né.
 
Le petit essaim venu de Poitiers s'augmente de deux postulantes en quelques jours et bientôt la maison de Mme Leboucher se trouve bien petite pour loger 7 religieuses. Rapidement, le P. Sauvage et quelques soeurs conçoivent un plan d'aménagement pour la maison achetée rue de Livarot et les travaux commencent immédiatement. Mgr Robin vient visiter le chantier ce 24 août 1838 et c'est la fête. Mais il reste encore pas mal de travaux à achever après cette visite mémorable et ce n'est que le 5 septembre 1838 que la petite communauté entre définitivement dans la clôture de son nouveau carmel. Les trois premières novices font profession le 16 septembre, puis les deux postulantes prennent l'habit en octobre et décembre.
 

La petite ville de Lisieux réagit avec curiosité. On s'interroge sur l'utilité d'une telle congrégation, que l'on respecte toutefois. Dans les années qui suivent, les carmélites construisent quelques bâtiments annexes à leur petite maison et réussisent, lentement, à acheter de petits terrains qui jouxtent leur petite propriété. En 1846, on achève de constituer le terrain complet, lequel ne sera plus agrandi qu'en 1931 par un bout de jardin.

La chapelle est achevée en 1848.

Le carmel est terminé. Il est alors prêt pour accueillir sa plus illustre occupante.

La refondation racontée par une carmélite

 

En 1997, année du centenaire de la mort de Thérèse, les pèlerins affluent toujours plus nombreux. Confrontées à leur petit nombre, les carmélites commencent une réflexion sur l’avenir de la communauté.

En 1997 le centenaire de la mort de Thérèse est fêté avec éclat, ainsi que sa nomination comme Docteur de l’Eglise.

Un appel est lancé aux Carmels de France pour que des sœurs viennent rejoindre Lisieux pour une « refondation ». Plusieurs carmélites acceptèrent de vivre cette expérience.

Pendant ce temps, les travaux étaient entrepris pour permettre aux sœurs de vivre dans des lieux mieux adaptés. L’ancien carmel de briques était relié par une aile à un nouveau bâtiment, d’une confortable et lumineuse simplicité.

En 2003, dix-huit sœurs fondent la nouvelle communauté.

Plusieurs novices frappent à la porte et intègrent la communauté à partir de 2003. Et en 2010 a lieu la première profession solennelle depuis la refondation.

Le chemin qui mène une soeur à la profession solennelle passe par plusieurs étapes précises. Chacune d’entre elle l’aide à mettre peu à peu sa vie à l’unisson de sa vocation. Un jour arrive enfin où elle est prête à dire OUI pour toujours à Dieu. 
Dans le même temps, la communauté discerne si la jeune soeur est appelée à vivre notre vie de carmélite et pourra y vivre l’union à Dieu. Tout commence par le Postulat qui dure 12 à 18 mois. Durant cette période de transition, la soeur reste en civil. Elle aborde ensuite le Noviciat. Elle reçoit alors l’habit du Carmel : robe, scapulaire, ceinture, manteau blanc et voile blanc. 
Après deux années complètes, elle fait sa profession simple : voeux de pauvreté, chasteté et obéissance, s’engageant pour une durée de trois ans. 

Tout au long de cette période, la Maîtresse des novices l’aide dans son apprentissage de la vie carmélitaine, et l’approfondissement de la vie d’union à Dieu. 
Des cours sont également donnés aux soeurs novices par des soeurs compétentes de la communauté. Ils portent sur la Bible, la théologie et la vie de nos saints. Il arrive que des sessions réunissent les soeurs en formation des Carmels de France. 
Un an avant sa profession solennelle, la soeur sort du noviciat et vit désormais la même vie que ses aînées. 
Vient le jour de sa Profession solennelle, où la soeur s’engage pour toujours et se voit remettre le voile noir, signe de cette consécration définitive. Elle devient alors membre du chapitre de la communauté, est habilitée à participer aux décisions importantes et à voter pour l’admission de jeunes soeurs. 

« Je te fiancerai à moi pour toujours, je te fiancerai dans la justice et dans le droit, dans la tendresse et la miséricorde. Je te fiancerai à moi dans la fidélité et tu connaîtras Yahvé. » Osée 2,21-22 

Témoignage d'une soeur

Le jour où j’ai eu la grâce de dire « Oui »

"Le jour ou j’ai eu la grâce de dire OUI à Dieu pour toujours, après des moments de joie profonde, voire d’enthousiasme mais aussi de combat intérieur, j’ai pu rendre grâce au Seigneur pour son amour et sa fidélité.

Je mesurais déjà qu'un tel engagement ne pouvait pas être fondé sur mes propres forces humaines. La vie religieuse, la vie au carmel, est don de Dieu sans cesse à recevoir, une promesse toujours à réaliser, un combat à livrer chaque jour. Car pour aimer, il faut du temps et de multiples purifications, des morts à soi-même pour des résurrections nouvelles. Apprendre à aimer demande toute une vie.

MERCI mon Dieu pour tous ceux et celles qui à travers le monde et les siècles se donnent à toi sans réserve. »

Une soeur carmélite

Après la refondation de la communauté, la communauté décida d’améliorer l’accueil des pèlerins devenu vétuste. Il s’agissait de présenter Thérèse carmélite d’une manière renouvelée, d’assurer un meilleur accueil aux visiteurs et de favoriser la prière des carmélites et des pèlerins, dans un climat de silence et d’intériorité permettant de goûter la présence palpable de sainte Thérèse dans ces lieux. Ce qui fut fait en 2006/2008.

LA VOCATION DES CARMÉLITES
Vivre avec Dieu au Carmel
Une vie donnée au Seigneur qui nous a appelées
 

Accepter de 
« prendre du temps pour le regarder » 

(Thérèse d'Avila)
pour se laisser regarder.
L'écouter dans le silence, 
Lui qui est la Parole incarnée.
Nous nourrir de sa Parole
Se tenir devant ce Dieu 
dont la présence/absence 
ne cesse de nous dérouter.
Se découvrir aimée infiniment.

« La prière
c’est un élan du cœur, 
c’est un simple regard jeté vers le Ciel, 
c’est un cri de reconnaissance et d’amour au sein des épreuves 
comme au sein de la joie »

Thérèse 
de l’Enfant Jésus

Tout recevoir de Lui
Se faire capacité, accepter de lâcher prise

Accepter les imprévus de Dieu.

Laisser circuler la Vie divine

En restant attentives les unes aux autres, 

célébrant les fêtes, partageant les joies et peines,
mais surtout en partageant nos découvertes spirituelles, 
en faisant une richesse partagée, 
relisant notre vécu pour mieux avancer ensemble.

C’est en apprenant les malheurs qui touchaient la France et en pensant à toutes les âmes qui se perdaient parce qu’elles ne connaissaient pas Dieu que Thérèse d’Avila fonda son premier Carmel, foyer de prière pour le monde. 
Notre vocation carmélitaine est un appel à entrer dans la mission du Christ : à témoigner de sa présence et de son action dans notre vie et dans l’Histoire.

« Le monde est en feu, ce n’est pas l’heure de traiter avec Dieu de choses de peu d’importance. »

Thérèse d’Avila
Chemin de la Perfection

" Je compris que l'Amour seul faisait agir les membres de l'Eglise, que si l'Amour venait à s'éteindre, les Apôtres n'annonceraient plus l'Evangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang... Je compris que l'AMOUR RENFERMAIT TOUTES LES VOCATIONS, QUE L'AMOUR ÉTAIT TOUT, QU'IL EMBRASSAIT TOUS LES TEMPS ET TOUS LES LIEUX... EN UN MOT, QU'IL EST ÉTERNEL !... Alors dans l'excès de ma joie délirante, je me suis écriée : O Jésus, mon Amour... ma vocation, enfin je l'ai trouvée, MA VOCATION, C'EST L'AMOUR .."

Thérèse de l’Enfant Jésus
Manuscrit B

Seule avec le Seul pour être toute à tous

Une carmélite ne quitte le monde 

que pour mieux l’offrir à Dieu, 
ne se sépare de ses proches 
que pour rejoindre l’universel. 
La mission du carmel n’est pas 
un apostolat de terrain, 
mais une porte ouverte à l’amour de Dieu 
dans le monde.

Se tenir sous le regard et l’action 
du Dieu d’Amour 
et ainsi rejoindre tout homme 
dans ce qui le constitue fondamentalement : 
l’amour et le manque d’amour. 

Thérèse, proclamée par l’Eglise 
Patronne des Missions, 
nous montre visiblement les fruits 
d’une vie toute offerte à l’amour.

CROIRE, ESPÉRER, AIMER
C'est la même foi en Dieu qui nous unit, 
c'est le même Seigneur qui nous a entraînées dans cette aventure de VIE.
 
Croire
 
Que Dieu est là, malgré son absence sensible. 
« Il est vivant le Dieu devant qui je me tiens », 
nous redisons-nous 
pendant nos heures de prière silencieuse.
Un être proche meurt dans un accident de voiture,
où es-tu Seigneur ? 
Attentat terroriste et tant de victimes innocentes
où es-tu Seigneur ?
Sécheresse, famine, chômage,
où es-tu Seigneur ?

Espérer

Malgré les difficultés, les doutes (mais oui, il y en a !). 
mais aussi les souffrances ou la révolte 
devant des événements 
qui nous touchent nous-mêmes, ou nos proches 
ou même l'humanité. 
L'espérance de l'une est donnée à celle qui faiblit,
le trésor est mis en commun.

Aimer

celle qui m'agace, accueillir la lenteur de l'une ou la rapidité de l'autre, 
accepter ses handicaps, accueillir l’autre en toutes circonstances même les plus difficiles,
offrir largement son sourire.

A la manière du Carmel, dans le silence et la solitude, 
en petite communa
uté fraternelle et joyeuse, 

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LiberScriptus 15/02/2014 23:09

Excellent article, bien documenté